« Je me tais si je n’ai rien à dire »
Cela faisait dix ans que la déesse à la voix de velours se taisait. Du moins question nouveauté, parce que « Sweetest taboo, Smooth operator, ou By your side » demeurent des must de toutes bonnes playlist.
« Soldier of love », sixième album. Toujours aussi bon. Ni le sublime visage, ni la voix, majestueuse, n’ont subi l’outrage du temps. Ses musiciens, les mêmes depuis 27 ans, ne sont certainement pas étrangers à la magie préservée. Back in the 80’s et la douce nostalgie qui de l’enfance, qui des premiers slows, une époque ou la Belle et la Bête (Mr Barry White) rivalisaient de roronements. Deux titres « Soldier of love » et « Babyfather » sont un peu plus percutants.
Sade n’est pas Madonna : c’est la voix, pas le business. Personne ne sait avec qui elle passe ses nuits, qui sont ces enfants ou le contenu de ses placards. Bref. No comment. La chanteuse économise sa parole, n’aime pas la promotion, distille les interviews au compte-gouttes. Ces dix dernières années ont vu Helen Folasade Abu s’épanouir dans un village anglais avec sa fille, son ami et le fils de celui-ci. Cultiver son jardin, chanter dans la cuisine et dans la voiture… Trop de mouvements dans sa vie privée, la musique ne lui a pas manqué. « Je n’ai jamais eu l’esprit de compétition en tant qu’artiste. Je me suis toujours considérée davantage comme une conteuse que comme une chanteuse. Mon ambition n’a jamais été d’être célèbre. Cela peut paraître naïf, mais c’est la vérité. »*
Déjà Numéro un des ventes aux Etats-Unis, des concerts à venir, c’est un retour plus que réussi.
* Propos recueillis pour le Parisien